Actualités de l'université

Le renouveau du réalisme dans les écritures contemporaines
Bibliothèques

 

Programme du séminaire de Stéphane Chaudier, professeur de littérature, qui se tient à l'Espace recherche de la BU SHS :

7 février (10 h) : Jean Baptiste Del Amo, pour Une éducation libertine et Règne animal

Les oeuvres de Jean-Baptiste Del Amo renouvellent des genres narratifs réalistes : roman d’apprentissage, roman historique, fresque romanesque, enquête documentaire. Elles s’attachent aussi à écrire la sensation, ce qui est l’une des belles armes du romancier réaliste : car c’est par la sensation que le sujet s’ouvre au réel et que celui-ci pénètre en lui. La sensation, dans ces romans, est si poignante qu’on se demande toujours qui du monde environnant ou du sujet sensible va l’emporter dans ce corps corps impliquant tout l’être, mobilisant toutes les forces à l’oeuvre dans le monde, aussi bien les forces naturelles que sociales. Jean-Baptiste Del Amo est enfin un grand créateur de personnages et un styliste accompli, pratiquant une phrase ample, apte à saisir dans son déroulement tout le chatoiement et la complexité du réel.

21 février (10 h) : Matthieu Larnaudie, pour Notre désir est sans remède

Notre désir est sans remède raconte la « vie » de Frances Farmer, actrice américaine. Ce roman-enquête offre à Matthieu Larnaudie la possibilité de radiographier bien des secteurs de la société américaine (les studios d’Hollywood, l’hôpital psychiatrique, l’émission de talk show) qui tous mettent crucialement en jeu la question du sujet, de son identité, de son aliénation, en particulier par le jeu de l’image, de la représentation ou la médiatisation de soi. La description précise du réel n’est-elle pas la forme la plus efficace de l’engagement littéraire, qui est à l’horizon de toute entreprise réaliste ?

14 mars (10 h) : Anne Berest, pour Les Patriarches et Gabriële (coécrit avec Claire Berest)

Anne Berest s’intéresse tout particulièrement aux dispositifs familiaux, aux modalités (ou aux aléas) de la transmission générationnelle. Les Patriarches et Gabriële adoptent, quoique de manière très différente, la forme de l’enquête, enquête menée par les descendantes sur leurs ascendants proches, ou plus éloignés dans le temps. Y est pris en compte le lien très étroit entre les destinées singulières et l’histoire collective où elles s’insèrent et qu’elles éclairent.

28 mars (10 h) : Jean-Noël Orengo, pour La Fleur du Capital

Le sexe et l’argent sont les deux ressorts fondamentaux des sociétés modernes. En lisant La Fleur du Capital, on éprouve tour tour le sentiment sidérant d’être au cœur du réel et le sentiment tout aussi puissant de l’irréel : car Pattaya (cité bordel de Thaïlande) nous est présentée par le prisme d'imaginaires fiévreux, « des légendes » que les personnages construisent à la manière d'une œuvre d’art. À la manière d’un art de vivre aussi : on ne sait jamais si le personnage décrit ce qu’il voit, raconte ce qu’il fait ou s’il argumente en faveur d’une éthique, d’un style d’existence (vivre à Pattaya) dont il voudrait nous persuader qu’il n’en est pas de meilleur, de plus âpre, de plus authentique.