Actualités de l'université

Dans l'Atelier photo d'Emile Zola
Bibliothèques

 

C’est en 1888, lors d'un séjour estival à Royan auquel participe Alexandrine que l’écrivain Émile Zola commence à s’intéresser à la photographie. La même année débute sa liaison avec Jeanne Rozerot, jeune lingère engagée par Madame Zola pour travailler dans leur propriété de Médan. Il aura avec elle deux enfants : Denise (1889-1942) et Jacques (1891-1963. Mais ce n’est qu’à partir de 1894 -1895 qu’Émile Zola pratique de manière assidue la photographie, laissant à sa mort plusieurs milliers de plaques de verre, de négatifs celluloïd et de tirages papier.

Né en 1840, Zola fait partie de la première génération qui peut garder le témoignage photographique de chacune des périodes de sa vie, de l’enfance à la mort. Ainsi, un daguerréotype réalisé en 1846 montre Zola enfant en compagnie de son père, François Zola, ingénieur d’origine italienne, concepteur du premier barrage-voûte au monde dans les environs d’Aix-en-Provence. En 1902 sera réalisée la photographie de l'écrivain sur son lit de mort. On connaît ainsi de lui des portraits à tous les âges réalisés tant par de grands photographes professionnels que par lui-même. Ces images, une fois la gloire venue, serviront à l’édition de cartes postales ou de modèles pour les peintres.

Ainsi, après avoir achevé, en 1893, la rédaction des Rougon-Macquart et alors qu’il s’attelle à un nouveau cycle romanesque (Les Trois Villes), Zola débute une activité de photographe amateur qui se professionnalisera peu à peu. Il acquiert un grand nombre d’appareils, depuis des chambres photographiques jusqu’à des appareils portatifs qu’il emporte aisément avec lui. Ce n’est pas un hasard si, à la même époque, il se met à la bicyclette. Certes, afin de rendre visite à Jeanne et aux enfants, installés à quelques kilomètres de Médan, mais aussi pour explorer la campagne environnante, en rapporter des clichés.

Zola est donc à l’affut des innovations techniques. Il investit beaucoup d’argent dans l’équipement des trois laboratoires photo qu’il possède à Paris rue de Bruxelles, à Médan, à Verneuil. Son fournisseur de produits et d'appareils attitré est Léon Gaumont, qui deviendra peu de temps après un pionnier du cinéma.

En photographie comme en écriture, Zola est un expérimentateur et un innovateur.  Il essaie différentes techniques, différents cadrages notant sur son carnet d'atelier non seulement les temps de pose, la qualité de l’éclairage (qui le préoccupe), le matériel utilisé mais aussi ses réflexions esthétiques. Son entourage familial et amical pose de bonne grâce pour le « maître de Médan » et s’initie volontiers à l’art photographique. Alexandrine et son petit cousin Albert Laborde sont les plus assidus. C’est ainsi que naît à Médan ce que l’on pourrait appeler, à l'instar de l'atelier Nadar, l’atelier photo d’Émile Zola.

Monique Sicard (ITEM/CNRS-ENS)
Jean-Sébastien Macke (ITEM/CNRS-ENS)

Exposition dans le hall de la BU SHS du 6 au 22 juin.
Vernissage le 13 juin à 18 h 15.

Dans le cadre du Colloque international autour de Zola et ses contemporains : "Espaces et paysages industriels"