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Séminaire de la faculté des Humanités

Le séminaire de la faculté des Humanités a été mis sur pied en 2012 lors de la création de la faculté afin de donner à chacun.e l'occasion de découvrir (un peu) de ce que sur quoi portent les recherches des enseignants-chercheurs de cette faculté pluridisciplinaire.
Le principe général est celui d'une séance annuelle par département, soit cinq séances sur l'année.  
Il est ouvert à tous, enseignant.e.s(-chercheur.e.s), personnels BIATSS, étudiant.e.s.

Programme 2016-17

Toutes les séances ont lieu de 17h15 à 19h, sur le site de Pont-de-Bois, dans la Bibliothèque Humanités (A1.727) à compter de février.
Les conférences sont ouvertes à tou.te.s, étudiant.e.s, personnels (enseignants, chercheurs et BIATSS) et extérieurs.

lundi 5 décembre 2016, Edouard Mehl, professeur de philosophie (Faculté des Humanités / département Philosophie, laboratoire STL) : « La guerre du Temps :  les enjeux théologiques et (bio)politiques de la réforme du Calendrier au XVIe siècle »

En octobre 1582, sur une ordonnance du Pape Grégoire XIII (la bulle Inter Gravissimas), un événement sans précédent s’est produit dans le monde chrétien : dix jours ont été retirés au calendrier quasiment inchangé depuis son instauration par Jules-César en – 44 avant Jésus-Christ ; le calendrier “grégorien” remplaçait le calendrier “julien”.

Mon propos aura trois objectifs :
1) expliquer sommairement les raisons astronomiques et théologico-politiques qui rendaient cette réforme au moins aussi nécessaire, à l’époque, que ne l’est aujourd’hui celle des retraites...
2) comprendre pourquoi et comment les protestants hétérodoxes ont vu dans cet acte la confirmation et la preuve a posteriori que le Pape est réellement l’Antéchrist prophétisé par les Ecritures
3) montrer enfin comment cette guerre ouverte se superpose et s’entrelace à une autre guerre, intestine, déclenchée par la publication du De Revolutionibus orbium coelestium de Copernic un demi-siècle plus tôt.
Cette guerre du temps peut donc se comprendre comme un des symptômes qui accompagnent ­— et qui révèlent — l’incubation lente de la révolution copernicienne dans une Europe désunie et ravagée par un conflit indissolublement politique, scientifique et confessionnel. A croire, presque, que l’Europe s’est plus construite par la guerre que par la paix. ­

mardi 17 janvier 2017, Caroline Grapa (Faculté des Humanités, département Lettres modernes / laboratoire ALITHILA) : « Du geste à la pensée. Diderot, l'esquisse et la danse »

Je vous propose un parcours qui mène des Salons de Diderot au Neveu de Rameau, des écrits sur l'art à la fiction. Les propos de Diderot sur l'esquisse révèle une conception de l'artiste, de la relation entre le geste et la pensée, qui résonne dans sa représentation du travail intellectuel et de l'idée d'œuvre. Diderot, non sans réticence, célèbre dans l’esquisse un processus de création artistique et intellectuelle mettant en avant le “faire” singulier de l’artiste ou du penseur. Il Il s’inscrit de manière originale dans une tradition accordant une valeur croissante à l’esquisse tant dans le marché de l’art que sur le plan théorique. La licence de l’esquisse – associée au libertinage – relève d’une économie du signe énergique privilégiant l’intensité et l’expressivité, qui associe la pensée à la matérialité du geste créatif.

mercredi 8 février 2017, Marie Glon (Faculté des Humanités, département Arts / laboratoire CEAC) : « Ecrire, publier et diffuser la danse : le phénomène des "danses mises en Chorégraphie" dans l'Europe des Lumières »

Marie Glon reviendra sur sa recherche visant à comprendre le phénomène éditorial qui s'est déployé en Europe, durant deux tiers de siècle, à partir de la Chorégraphie – « art de décrire la dance » dont les principes sont publiés à Paris en 1700. Grâce à cet art scripturaire sont publiées plusieurs centaines de « danses gravées », objets à la lisière de l'écriture et de l'image, dont le déchiffrage est destiné à mettre en mouvement le corps de l'usager. L'étude des danses gravées convoque ainsi à la fois l'histoire du corps et l'histoire du livre, et révèle des expériences novatrices quant à l'autonomie du lecteur-danseur postulé par ces objets. Elle éclaire également une pensée technique propre au premier XVIIIe siècle, alliant de façon originale l'abstraction et la culture artisanale : une conceptualisation du mouvement s'invente au sein même des caractéristiques les plus concrètes d'ouvrages conçus comme des outils. Elle dévoile enfin un réseau d'échanges : pour les maîtres de danse qui y recourent, la Chorégraphie devient une langue écrite internationale, qui leur permet d'envoyer des danses par la poste et de dialoguer avec leurs confrères.
En écho à la précédente séance du séminaire ("Du geste à la pensée. Diderot, l'esquisse et la danse", par Caroline Grapa), Marie Glon tâchera par cette étude de mettre en perspective le bouleversement qui, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, renouvellera en profondeur les attentes concernant la danse et le corps en mouvement

mardi 21 mars 2017, Séverine Tarantino (Faculté des Humanités, département Langues et Cultures Antiques, laboratoire HALMA) : « À quoi bon lire les commentaires ? Itinéraire de la traduction du commentaire de Servius au projet TALIE (–Textes) »

Quand on étudie les auteurs grecs et latins, le recours à des éditions commentées est toujours précieux : il y a même des collections et des formes de commentaires dont on ne se passerait pour rien au monde, tandis que, en France même, de nouvelles formes voient le jour (plus exactement, une manière française de commenter voit sa forme consacrée par une édition). La question que je pose regarde plutôt les commentaires ‘anciens’, des plus aux moins antiques, le moins antique dont je prendrai ici l’exemple étant celui du savant jésuite Juan Luis de la Cerda, (début du XVIIème s.), qui se trouve au cœur du versant ‘Textes’ du projet TALIE (http://bsa.biblio.univ-lille3.fr/blog/2015/09/talie/). L’importance des commentaires pour les textes antiques a été remarquablement (re)valorisée et soulignée dans les dernières décennies : le dialogue que des poètes comme Virgile et Ovide nourrissent avec la tradition de l’exégèse homérique a été et est en particulier documenté de manière passionnante par Jean-Christophe Jolivet. Ses travaux montrent d’ailleurs que même si l’on ne voulait pas lire les commentaires, on le ferait néanmoins, parce que ces poètes les incorporent à leurs textes, et qu’ils en proposent eux-mêmes, comme ils proposent des problèmes qui appelleront, à leur tour, leur lot de réflexions savantes. Les commentaires dont je m’occupe essentiellement sont ceux de l’œuvre de Virgile, en particulier de l’Enéide : ils portent les noms de Servius, de Tiberius Claudius Donat et du déjà cité J.L. de la Cerda. Je présenterai chacun en montrant ce qu’il apporte non seulement à l’étude de Virgile mais aussi, indépendamment de celle-ci, en soi ou de manière plus générale, et en essayant ainsi de faire mesurer l’importance de l’étude et de la transmission de telles œuvres

jeudi 6 avril 2017, Gerhard Schaden (Faculté des Humanités, département Sciences du langage, laboratoire STL) : « Apprendre et parler en réseau »

Rappel du programme des années précédentes

Mardi 19 novembre 2013
Andrea Del Lungo, professeur de littérature (Faculté des Humanités / département Lettres modernes/laboratoire ALITHILA, "L'image de la fenêtre en littérature".

Mardi 17 décembre 2013

Georgette Dal, professeure de sciences du langage (Faculté des Humanités / département Sciences du langage/laboratoire STL), "Ce mot n'existe pas : il est dans le dictionnaire".

Mercredi 29 janvier 2014

Philippe Sabot, professeur de philosophie (Faculté des Humanités / département Philosophie/laboratoire STL), "Clinique et politique du deuil".

Mercredi 5 mars 2014
Jean-Christophe Jolivet, professeur de langue et littérature latines (Faculté des Humanités / département Langues et cultures anciennes/laboratoire HALMA), "Poétique latine et philologie homérique : la mise en scène des "questions homériques" dans la poésie ovidienne ou pourquoi Euryloque n'est pas entré chez Circé".

Lundi 14 avril 2014

Nathalie Delbard, maître de conférences en arts plastiques (UFR Humanités / département Arts/laboratoire CEAC),  "Les "paratextes" de la photographie contemporaine".

Jeudi 9 octobre 2014
Philippe Guisgand, professeur de danse (Faculté des Humanités / département Arts, laboratoire CEAC), conférence dansée.

Mardi 27 janvier 2015
Véronique Perruchon, maître de conférences en études théâtrales (Faculté des Humanités / département Arts, laboratoire CEAC) : « Noir »

Mardi 24 février 2015
Bernard Sève, professeur de philosophie (Faculté des Humanités / département Philosophie, laboratoire STL) : « La méthodologie des paires indiscernables dans l’esthétique analytique. Un examen critique »

Mercredi 18 mars 2015
Cédric Patin, maître de conférences en sciences du langage (Faculté des Humanités / département Sciences du langage, laboratoire STL) : « À propos des tons des langues d'Afrique subsaharienne, et de leur disparition en shingazidja (langue bantu des Comores) »

Mardi 14 avril 2015
Florence Klein, maître de conférences en langues anciennes (Faculté des Humanités / département Langues et cultures antiques, laboratoire HALMA) : « De la boucle de Bérénice aux papillottes parfumées de Mécène : métaphore capillaire et fioritures poétiques dans la littérature hellénistique et romaine ».

Jeudi 28 mai 2015
Elsa Kammerer, maître de conférences en littérature (Faculté des Humanités / département Lettres modernes, laboratoire ALITHILA) : « Vous avez dit traduction ? Fischart, le ‘Rabelais allemand’ (1575-1590) »

Mardi 17 novembre 2015
Véronique Goudinoux, professeure d'arts plastiques (Faculté des Humanités / département Arts, laboratoire CEAC) : « Œuvrer à plusieurs. Regroupements et collaborations entre artistes »

Mardi 8 décembre 2015
Elsa Kammerer, maître de conférences de littérature (Faculté des Humanités / département Lettres modernes, laboratoire ALITHILA) : « Du passeur à l'entrelardeur. Les pratiques de la traduction chez Johann Fischart (1570-1590) »

Mardi 26 janvier 2016
Thomas Benatouïl, professeur de philosophie (Faculté des Humanités / département Philosophie, laboratoire STL): «Science, liberté et loisir : Platon et l'ANR »

Jeudi 25 février 2016
Sébastien Barbara, maître de conférences en langues anciennes (Faculté des Humanités / département Langues et Cultures Antiques, laboratoire HALMA) : « “Soufre, encre de seiche et hippomane. Enquête sur les « jeux » d’Anaxilaos de Larissa et sur les epideixeis magiques (ἐπίδειξεις) »

Mercredi 30 mars 2016
Anne Boissière, professeure d'esthétique (Faculté des Humanités / départements Arts, laboratoire CEAC) : « L'art et le jeu »

jeudi 21 avril 2016
Anne Carlier, professeure de sciences du langage (Faculté des Humanités / département Sciences du langage, laboratoire STL) : « Comment une langue crée et recrée sa grammaire : réflexions historiques et comparées sur une spécificité grammaticale du français »

Dernière mise à jour : samedi 20 mai 2017 à 18h34